Dossier équilibre

Pour commencer, le côté définition :

Rien de tel qu’une petite piqûre de rappel pour comprendre tout le sens du mot équilibre.

Voici la définition du Larousse :

équilibre nom masculin (bas latin aequilibrium, du latin classique aequus, égal, et libra, balance)

Source : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/%C3%A9quilibre/30674

Des équilibres dans le Yoga mais pourquoi?

Comme nous dit le Larrousse, dans « équilibre » il y a harmonie des forces, une juste répartition des poids. Dans le Yoga, le sujet principal est l’union, l’union des forces, des éléments, de l’esprit et du corps.

A première vue, nous pensons que le Yoga est fait pour nous détendre. Oui et c’est justement par l’équilibre que nous allons y accéder. D’ailleurs, le Yoga aide à faire circuler l’énergie. Donc, pour que cette circulation soit complète, il est bon de varier les postures. L’objectif est de ramener le mental dans la concentration et la conscience du mouvement.

L’équilibre demande une intense sollicitation du corps et de l’esprit qui est indispensable au Yoga

Comme dans la vie, sans équilibre, c’est la chute.

Ce qui est amusant dans un cours, c’est quand j’annonce qu’il va y avoir des équilibres. C’est alors que bien souvent, j’ai la même réaction : des yeux écarquillés ou des signes de réticences.

D’ailleurs, au même moment, le cerveau ou plutôt le mental entre en action. Par exemple, des pensées de ce type viennent : «  Pff, pourquoi j’irai faire des acrobaties, ça va pas la  tête! ». Nous pouvons observer qu’à l’annonce d’équilibre, les pensées sonnent l’alerte rouge. Puis, le corps se tend. Ou encore à la vue de la posture à réaliser, une sensation d’incapacité nous envahit avant même d’avoir essayer.

Que Nenni, tout le monde est capable de faire un équilibre. Ce sont nos pensées qui se jouent de nous.

Certes, pour un débutant, cela peut s’avérer compliqué à garder. Grâce à la patience et au temps, le corps va contribuer à trouver le mouvement juste pour s’y installer.

Issue d’une pratique d’escalade poussée, l’équilibre et l’attention sont constants. Un faux pas et c’est la chute.

Quel sont les bienfaits de l’équilibre?

L’équilibre peut se faire sur les pieds, la tête, les bras ou encore sur les orteils. Bref, tout un programme.

En définitive, faire un équilibre revient à développer son centre, sa force et son attention par :

  • La mobilisation des muscles pour tenir. D’ailleurs, pour débuter les élèves ont tendance à trop se crisper et se contracter. Cela devient une lutte pour maintenir la posture. Malgré cela, vous vous renforcez en apportant détermination et volonté pour rester malgré “la marée”.
  • Le travail  intérieur et  extérieur, c’est-à-dire, une prise de conscience à soi. Comment réagir vers l’extérieur quand son intérieur est tout chamboulé. L’équilibre aide à retrouver la balance entre les deux en apaisant cette frénésie du “ailleurs”.
  • L’observation de son centre de gravité. En prenant conscience de soi, de ce qui se passe en vous, petit à petit, vous devenez plus attentif à votre corps et à votre alignement. En partant de votre centre, vous prenez un meilleur recul sur l’observation du monde extérieur. En découle un apaisement de vos pensées car plus l’esprit s’agite et plus vous perdrez l’équilibre. Le mental quand il est dérangé dans ses habitudes de contrôle va chercher à créer du stress, de la peur de chuter ou autre, etc. Tout un panel pour vous décourager, c’est alors que l’attention entre en jeu pour annuler ses pensées perturbantes.
  • La répétition du geste pour la confiance en soi. Au fil des séances, le corps va se détendre et comme par magie vous allez réussir un équilibre qui auparavant semblait impossible. Déjà parce vous allez gagner en confiance en vous. Réussir étant toujours gratifiant vous allez vous remplir de cette énergie solaire. Ensuite parce que le corps a une mémoire. Il enregistre tout ce que vous faites et y compris tout ce que vous subissez. Grâce à une pratique répétée, vous allez le guider vers plus de “coolitude”(déf : couler comme de l’eau ou être dans la fluidité, juste le kiff).

Conclusion :

Grâce à cette pratique, vous devenez présent à ce que vous faites. Vous allez relâcher les résistances que vous aviez mises en place sans même vous en rendre compte.

L’équilibre va augmenter votre attention, vous rendre plus fort et juste dans votre posture et dans votre vie. Comme avec votre mental qui va enfin arrêter de se manifester à outrances.

“Devenir un Flamand rose est la clé de la tranquillité« 

Pour terminer, un peu de science :

Je vous partage l’extrait d’un article sur “ça m’intéresse” qui résume les prouesses de l’humain face à la gravité.

En voici le lien : 

https://www.caminteresse.fr/sante/comment-tient-on-debout-11106845/

“Gravité impitoyable… Cette force qui régit l’univers représente aussi un indéniable challenge pour Homo sapiens, debout sur ses deux jambes. « La verticalité nous soumet à la pesanteur et contraint notre colonne vertébrale, explique Bernadette de Gasquet. Pour ce médecin et professeure de yoga, auteure de En finir avec le mal de dos (Albin Michel), la bipédie est un défi de tous les instants. La lombalgie n’est-elle pas la première cause de handicap au monde, selon l’Organisation mondiale de la santé ?

A l’inverse des quadrupèdes qui disposent de pattes avant de la même longueur, de viscères posés sur un « hamac » abdominal, notre colonne, pièce maîtresse de notre équilibre statique, est située en arrière, et nos viscères, notre cage thoracique, notre poitrine sont suspendus en avant avec une tendance à tirer vers le bas, contraignant le dos à d’éprouvantes compensations. Ce combat contre la gravité est vaillamment assuré par un ensemble de systèmes osseux, nerveux, musculaire, articulaire, digestif, cutané, immunitaire et endocrinien qui reposent sur un squelette osseux. « Comme le mât d’un bateau tenu par les haubans », résume Geoffrey Janier-Dubry, ostéopathe et auteur de Notre corps (Le Pommier).”

Tout le monde savait que c’était impossible à faire. Un jour est arrivé quelqu’un qui ne le savait pas, et qui l’a fait (Churchill)

Quel est le plus important, réussir ou trouver un sens à votre effort de réussir ? (Shunryu Suzuki)

Grenouille Totem comme toilette sèche

« The » projet : la fabrication du lieu des commodités.

Comme projet initial : faire des toilettes sèches pour l’atelier où se fera l’accueil des futurs stagiaires. Mais par où commencer? Comment? Dans quel but?

Au départ, le but est facile à trouver : un lieu où se cacher pour faire ses petits besoins. Facile à dire mais où le mettre sans qu’il ne soit trop loin, qu’il s’intègre avec son environnement sachant que le terrain est en pente et qu’il soit esthétique.

Après une réflexion intense, j’ai décidé de l’allier à mon autre projet, le jardin des sens (pour l’instant rien n’est commencé) où les stagiaires pourront déambuler à travers des sculptures participatives ou autres objets artistiques fondus dans l’espace mais revenons aux toilettes.

Mon rêve de volume m’amène vite vers l’envie de totem et d’une pièce géante pour les toilettes représentant l’esprit des animaux, une ambiance chaude et contemplative. La grenouille m’est apparue comme une évidence. Dans de nombreuses cultures, elle symbolise la pluie, la fertilité et la richesse, parfait pour y cacher son  » petit coin ».

Pour la création de projet, j’ai décidé de m’inspirer de mon premier projet en volume réalisé lors d’un défilé : le Joker.

Fait de structure cartonnée pour le chapeau puis recouvert d’une ouate et de tissu. Par conséquent, pour la future grenouille j’ai transposé l’idée par une structure en bois et un tressage de carton recouvert de papier mâché. Comme enduit final, je souhaitais faire de la terre papier, très résistante et durable dans le temps si on la recouvre d’huile de lin mais finalement un peu coûteuse, je me suis dirigée vers la chaux ton pierre respectant mon idée de durabilité. Je pense ensuite la patiner pour parfaire l’effet d’une statue de pierre.

Toujours dans l’intention de recyclage des déchets, j’ai fait les poubelles et sollicité les personnes possédant des journaux. Rien de mieux pour transposer l’inutile en beau. Comme vous pouvez le constater le projet est un commencement, un prélude vers des propositions de stage possible.

J’ai hâte de vous faire découvrir la suite.

Yoga et sclérose en plaque

Lors de ma rééducation, pendant la gym ou la kiné, nous pratiquons à plusieurs. C’est là que je fais la rencontre de Marie Anne, âgée de 60 ans, en fauteuil roulant, atteinte de sclérose en plaque. Nous sympathisons et je lui propose des cours à domicile, un yoga adapté à ses restrictions.

La sclérose en plaque, pour ceux qui ne connaissent pas, est une maladie inflammatoire auto-immune attaquant le système nerveux central. Souvent aggravée par des poussées de crise. Différentes perturbations peuvent survenir avec cette maladie au niveau moteur, sensitif, cognitif et visuel.

Lors de la première séance de yoga, j’observe ses peurs et ses limitations physiques par manque de sollicitation. Elle se plaint aussi de douleurs dans les jambes, surtout d’un côté à force de rester assise.

Après 2 ans et demi de pratique, voici les progrès qu’elle a fait : elle se tient plus droite, commence à avoir plus de force, de tonicité et une meilleure concentration, ses angoisses ont diminué. Une des peurs récurrente est la peur de tomber donc de se pencher. Par un travail sur la confiance en soi. Elle arrive maintenant à faire des exercices, qui au départ lui étaient impossibles. Là encore une stimulation régulière de ses muscles couplée avec une attention et concentration particulière permettent d’améliorer son quotidien. Elle a repris aussi plus d’assurance et de vitalité dans son corps, ainsi que dans son esprit.

Malheureusement, la maladie toujours présente ne peut être endigué. Aujourd’hui, janvier 2022, son corps est dynamique et souple mais son esprit commence à oublier. On ne peut qu’être humble devant la situation et continuer les stimulations.

Que dire de plus, si ce n’est : « De pratiquer, juste quelques minutes, que ce soit un souffle, une posture ou autre. Cela ne pourra qu’améliorer votre quotidien. Surtout, soyez patients et doux avec vous-même. C’est la stimulation et la répétition qui aide de le corps à se délier, retrouver sa tonicité et améliorer sa mémoire ». (Dans la force de la tempête, l’arbre casse tandis que le roseau plie) .

Yoga et couleurs

La couleur, perception que l’œil voit selon une longueur d’onde lumineuse, une fréquence, une vibration…. Une réfraction de la lumière dans l’environnement, tout autour de nous et même dans notre corps. Selon la sensibilité de chacun ou en réalité nos besoins, on devient réactif à des émotions ou des couleurs. Pourquoi l’une ne pourrait pas aider l’autre ? Souvent liées entre elles, certaines couleurs apaisent, d’autres tonifient. Par divers travaux et expérimentations, j’ai pu découvrir et associer ma passion pour les couleurs, les lignes et les courbes avec les émotions et sensations corporelles. Le corps étant stimulé, il se retrouve plus apaisé et disposé à retrouver tout son potentiel. Différentes techniques peuvent être utilisées :

– par un voyage artistique, auditif, visuel et tactile. Se laisser aller à ne pas penser et juste écouter, sentir et respirer.

– par un travail de visualisation colorée et association mentale renforçant l’effet au quotidien.

– par des points d’acupressure en y associant de la couleur.

Car en réalité, qu’est ce qui nous freine ? Nos émotions, nos peurs, nos doutes, notre éducation …. Pourquoi ne pas se laisser aller à découvrir les couleurs qui nous conviennent et devenir son propre acteur. On peut tous choisir de guider sa vie vers un monde en couleurs plutôt que de guider sa vie par un écran émettant de la couleur.

Yoga, ma mise en pratique

Après une situation douloureuse où au fil des rencontres, on partage des expériences. On s’en nourrit. On puise au plus profond de soi-même pour se découvrir ou se redécouvrir. Certains connaissent mon parcours, mon accident, d’autres non, mais je tiens à faire le bilan de ce que le Yoga m’a apporté au niveau physique et psychologique. Côté fracture : une chute de 7 m au sol, atterrissage forcé sur la fesse droite puis fracture tête radiale bras droit, bassin cassé sur toute la longueur droite et une vertèbre explosée. Opération d’urgence, frôlant la paralysie et vissage puis pose d’une vertèbre en titane 3 semaines plus tard. Comment c’est arrivé ? Une erreur toute bête comme oublier de faire son lacet…

Le jour J : Un impact violent, des étoiles, un son sourd, puis un moment de latence où tout est au ralenti… On se demande ce qui se passe, si cela est vraiment arrivé, une sensation étrange comme un rêve éveillé, rien ne semble réel et pourtant c’est une réalité. Une vive douleur me rappelle à l’ordre avec l’incapacité de respirer. En l’espace d’un instant où tout semble figé, le corps devient faible et fragile. On se met à chuchoter car c’est le seul son encore possible. A ce moment précis, je ne pense qu’à une seule chose : « Quand est-ce que je vais m’évanouir ? ». Je veux fuir, partir pour ne plus rien ressentir… Les 5 premières minutes, je pense : « Bon ! Position premier secours au cas où je vomis… puis tu te mets en hauteur pour respirer… » Comme un robot, j’exécute ce que me dit mon cerveau : après l’impact, je pousse sur mes jambes et me mets de côté sur mes affaires pour chercher de l’air… Cet air que je n’arrive plus à prendre correctement. Encore et toujours, cette douleur dans la poitrine puis dans le dos. J’ai conscience d’un problème au niveau de la taille. Je demande une veste pour remplir cet espace vide… Une tension tellement forte que ça en devient insoutenable. Puis, je me dis « Penses Yoga et micro-souffles… La douleur est suggestive ». Pendant ma formation, j’ai appris ces micro-souffles, quasi imperceptible, où presque rien ne bouge… On inspire et on expire, de façon rapide, douce et légère … Pendant l’hôpital : Étant allergique à quasi tous les antidouleurs (sinon ce n’est pas drôle), les visualisions et la concentration sur plusieurs points en même temps sont révolutionnaires. Quelques secondes de ces pratiques, pour ne rien ressentir, sortir de cet hôpital et de ce mal-être… Par la suite, j’ai la chance d’être déplacée en chambre individuelle avec une fenêtre… Mon ouverture vers l’extérieur : le vent, l’air et le soleil caressant ma peau m’aide à m’évader de là où je suis. Grâce à la pratique de la méditation, une sensation de liberté s’installe … Libre de cet enfermement forcé mais nécessaire. La rééducation avançant, je commence à travailler des étirements pour la jambe gauche. Bouger, même un peu, fais circuler l’énergie. Quand j’étire le grand fessier et le pyramidal du bassin, bonheuuuur : un relâchement musculaire, jusque dans le dos. Je n’oublierai jamais cet instant. Bien sûr, on me déconseille ce genre de pratique mais j’en conclus que si on écoute son corps et qu’on le déplace par des micros-mouvements, cela le libère de multiples tensions … Autre moment magique : le changement de béquilles. Mon bras cassé n’est pas découvert immédiatement. J’ai beau dire que j’ai mal et que je ne bouge que la main. 15 jours passent avant qu’on ne le remarque. Cela rend ma rééducation très compliquée vu que je suis censée pousser sur un déambulateur ou des béquilles pour stimuler le système nerveux. Après cette découverte, on m’attribue des béquilles anglaises qui se placent sous les épaules … Rhooooooo mais comme c’est bon … En relâchant mon poids sur elles, c’est juste un soulagement inégalé auparavant. Les médecins sont plutôt réticents à ce genre de béquilles car avec un vissage et barre sur 5 vertèbres cela entraîne une traction dite néfaste. Eh bien, moi je vous assure qu’elle est juste magique cette traction. Ensuite, vient la force de la pensée : « Là où le regard va l’énergie suit » … On peut l’appeler, peut-être, l’influx nerveux : Quand je regarde mon pied droit avec un drap, rien ne bouge. Nouvelle tentative, sans le drap, j’envoie le message à ma jambe de se lever et VICTOIRE ! Durant ce séjour à l’hôpital, je suis passée par une multitude d’étapes remplie de frustration et de joie … A force de pratique intensive, le Yoga, les visualisations et le souffle, ont contribué à ma guérison. Cet été au bout de 3 ans, presque sur un coup de tête et pour conclure un trait sur mon accident, je me suis lancée un petit challenge : faire la traversée des Alpes en autonomie (de chez mes parents : du lac des Mesches au lac Léman). J’y avais déjà songé l’année dernière et fait quelques tests de nourriture. C’était une première, partir seule, dormir dans sa tente. J’aurai voulu faire du zéro déchet mais les contraintes de poids m’y ont fait renoncer. Je reste fière d’avoir parcouru tous ces kilomètres (604 km et 30 000 +) et réalisée cette traversée faite en juillet 2020. Les moments magiques et les rencontres resteront gravés dans mon être. Comme quoi le mouvement c’est la vie. Les rêves permettent l’impossible.